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Gala Artis: une rafraîchissante réussite!

Le dimanche 13 mai 2018 avait lieu, en direct du Théâtre Denise-Pelletier, le 33ième Gala Artis récompensant les meilleurs artisans de la télévision par vote du public. Voici, de manière décontractée, ce que j’ai retenu de cet événement produit sous l’insigne de la fête.

LE CONCEPT ET L'ANIMATION

On s’entend, on n’allait pas avoir de controverse avec le duo d’animateurs qu’on nous a présenté. Mariepier Morin est somme toute assez sage sous ses couverts de femme extravertie et Jean-Philippe Dion, eh bien il est le gendre que toutes les mères aimeraient avoir. Dans le contexte actuel, on voulait faire un party sans faire de vague et en ce sens, on n’aurait pas pu mieux choisir les ambassadeurs.

C’est donc sous un air de douce légèreté que se sont présenté les animateurs, à chaque fois se contentant de faire leur travail avec un grand sourire. Sans faire plus ou moins, ils ont livré les textes qu’on mettait au télésouffleur avec énergie. Parlant d’énergie, chapeau aux deux hôtes qui ont couru d’un bout à l’autre de la salle tout au long de la soirée.

Avec classe et complicité, même si ça manquait de naturel, ils ont donc mené de main de maître une cérémonie lourde à porter. À la fin, pour une rare fois, je ne me sentais ni fatigué ni exaspéré. C’est donc dire que tous les intervenants, incluant eux, ont réussi à nous présenter une soirée dynamique qui se renouvèle et ne s’essouffle pas. En effet, si l’animation était somme toute assez sobre, c’était pour laisser place à des présentations et des segments aussi rafraîchissants que créatifs (j’y reviendrai plus bas.) Comme quoi il est possible de réinventer le genre immuable du gala et pour ça, chapeau aux artisans qui se sont donné le droit et le devoir de penser hors des cadres.

Sinon, quoi dire de plus à part qu’on se serait probablement passé des références au grand ménage et aux scandales sexuels; il me semble que d’autres événements ont déjà tassé l’éléphant de la pièce et ça aurait été une bonne occasion de célébrer sous un insigne 100% renouvelé, en regardant vers l’avant. D’ailleurs, même les animateurs semblaient être d’accord, ayant livré leurs blagues du genre avec un ton scripté qui en disait long. Une référence au début, une référence à la fin, on ne peut pas dire qu’on a eu peur d’en parler et merci bonsoir. L’effet a plutôt été contraire: on a compris que vous avez eu peur de pas en parler. Comme si ne pas y faire allusion revenait à être sans coeur et mettre ces gestes regrettables sous le tapis. Au contraire, cela voudrait dire que la vie continue très bien sans eux merci. Qu’on a gagné parce qu’ils ne jouent plus dans notre tête. J’ai hâte à une fois où on osera passer à autre chose. Aux Gémeaux? Permettez-moi d’en douter. Selon moi, à ce stade-ci, la meilleure façon de discréditer les gens qui ont commis ces actes horribles est de faire comme s’ils n’existaient pas. Effacer de la mémoire collective ces êtres imbus qui ne respiraient qu’à la reconnaissance du public. Ça c’est chien.

LE NUMÉRO D’OUVERTURE

Marie-Ève Janvier, Martine St-Clair et Yama Laurent.

Travaillant moi-même parfois en live, j’ai pu saisir toute l’étendue des défis qu’on dû réaliser la production pour nous présenter cette ouverture haute en couleur. Ça prend beaucoup, beaucoup de coordination, de communication, de préparation et de créativité pour arriver à enchaîner de manière fluide une suite d’événements aussi éclatés.

Cependant, au-delà de la prouesse technique, c’est surtout ce que ça nous a fait sentir qui est important. En ce sens, je crois pouvoir dire sans me tromper que ça a mis le sourire à tout le monde et que le but de propager du love a été amplement atteint (d’ailleurs, est-ce quelqu’un peut dire aux scripteurs qu’utiliser un terme anglais pour être cool fait tout l’effet contraire? Y’a rien de moins cool que d’essayer de l’être.)

Je salue le courage des artisans de ce numéro, qui n’ont pas eu peur de s’abandonner complètement en versant dans le trop-plein sans aucun complexe. Il y a eu ce moment où je me suis dit ok, on a compris, ça commence à être long, mais finalement, j’ai été content qu’on me force à casser mon attitude convenue du dimanche soir et c’est en traversant la ligne, dans cette absurde surabondance, qu’on a tous trouvé notre compte. Le fait que ça ne finissait plus a justement fini par devenir l’essence de la chose, nous inondant de manière jouissive d’amour qu’on ne se gênait alors plus de recevoir. Un peu comme le sentiment libérateur de se dégêner au karaoké ou sur la piste de danse! 😁

EN VRAC

Le Gala Artis qui tombe le jour de la Fête des mères, toute une coïncidence! 😉 TVA, qui tente dernièrement de se distancier de son image à l’eau de rose, donne ici pourtant beaucoup de matière à quétaineries! Je t’aime maman 😁❤

Julien Lacroix qui donne tout un show, encore une fois! Avec lui, on aime ou pas, mais on est jamais indifférent! On pourrait dire qu’il tente toujours de voler la vedette, mais j’ai plutôt tendance à croire que l’attention se déplace autant sur lui parce qu’il est très efficace, tout simplement.

Magalie Lépine-Blondeau et Gildor Roy qui n’en reviennent pas de gagner à chaque fois. De deux choses l’une: un, vous avez du talent et vous le méritez et de deux, ce sont des prix qui se donnent par vote du public et en ce sens, les émissions les plus populaires partent forcément avec une longueur d’avance. À voir les cotes d’écoute de District 31, vous auriez du vous y attendre un peu plus 😉

Moi? Vraiment?!?

Thomas Beaudoin avait l’air d’avoir chaud ou d’avoir quelque chose qui le dérangeait lors du début de sa présentation (il s’essuyait le front et regardait en arrière.) Pourquoi?

Mario Dumont n’est pas nommé lors de la présentation des finalistes pour la catégorie Animateur d’émissions d’affaires publiques et personne ne rectifie le tir par la suite… Pas fin ça!

Charles Lafortune parle de La voix comme si c’était la dernière fois… Si ça revient, le discours va perdre de son impact. Si ça ne revient pas, c’était juste une façon inattendue et bizarre de l’apprendre. Bref, tout ça pour dire que c’était pas nécessaire et que tout se disait très bien sans ce détail. Une émission iconique comme La voix aurait mérité, à mon sens, un retrait plus honorable qu’une phrase hypothétique lancée entre deux chaises. D’ailleurs, pour tous ses discours, il semblait complexe pour l’animateur d’habitude bien préparé d’y mettre de l’ordre. Ça va?

Savoureux moment que la présentation du prix Émissions de service par Fabien Cloutier et Élise Guilbeault. Fabien frappe toujours dans le mille et il faisait bon voir Élise jouer la comédie sur un ton aussi juste et naturel. Quel talent. Malgré leur sarcasme, ça ne veut pas dire pour autant que ce type d’émission est mauvais, simplement qu’ils privilégient la fonction avant la forme, et qu’on les aime comme ça!

Moment très drôle que de tremper la statuette de Gino Chouinard dans le chocolat. Bon flash pour celui qui possède une succursale Chocolats Favoris. Quand on parle de créativité!

Évidemment très touchant les présentations du prix Artiste émissions jeunesse. L’extrait du documentaire avec Alexandre Taillefer m’a donné le goût de le voir, ça a l’air authentique et percutant. L’effet des jeunes qui montent sur scène en groupe fait également son effet, surtout quand ils se sont mis à chanter. Ça aurait pu être quétaine, mais la sobriété de la mise en scène était respectueuse.

Moment de très grande qualité que la présentation du prix pour Rôle masculin et féminin dans une dramatique saisonnière. Les animateurs n’avaient pas besoin de faire comme si c’était un mal nécessaire, c’était plutôt un des numéros les plus inspirés de la soirée. Belles prestations musicales de Charlotte Cardin et Loud (les chansons ici et ici), qui ont performé pendant que des artistes gravaient les portraits des gagnants sur des toiles de métal. Voilà une façon émouvante et créative de dévoiler des gagnants, misant sur une anticipation qui gagne toujours en intensité.

Marc-André Grondin et Ludivine Reding.

Discours mémorable et émouvant que celui de Ludivine Reding (Fanny dans Fugueuse), qui saisit vraisemblablement la délicate portée de son rôle dans le monde réel. Je trouve beau qu’à travers le petit écran, on inspire les gens à faire de grandes choses. En voilà une qui fait ce métier pour les bonnes raisons. Difficile pour Marc-André Grondin de parler après ça.

Pierre Bruneau qui monte sur scène sous l’air de Despacito et qui dit que malgré 45 ans de mariage, sa femme sait toujours l’allumer! Je m’assume ce soir! dit-il. On se doutait bien que derrière cette rigueur se cachait une folie bien contenue 😉 Lâche toi lousse! Il y avait d’ailleurs ce parfum décomplexé dans l’air toute la soirée. Ça faisait du bien d’écouter un gala libre et épanoui.

La chanson Il est où le bonheur… C’est moi où ça passe de manière indécente à TVA? J’ai rarement vu autant de plogues. Ça sort de où ce besoin? Pourquoi? Combien on vous donne?

La fameuse chanson de Pink! qu’a chanté Ariane Moffat. Attention à la controverse! Plusieurs ont dit pourquoi une chanson en anglais? On est au Québec! D’autres ont dit pourquoi pas une de tes chansons? À travers tout ça, moi je trouve qu’on oublie le vrai noeud du problème: on l’a déjà vu chanter mieux que ça.

Guy Jodoin qui plogue une blague sur le #metoo…qui tombe complètement à plat. Ça prouve mon point élaboré en début d’article: on a fait le tour.

Moment très amusant que celui des photos Instagram. L’autodérision paie toujours, surtout avec l’efficace répartie des présentateurs Ève Landry et Pierre-Luc Funk.

Le discours de Dave Morissette… Hein?!?.. L’enthousiasme le dépasse, et c’est pourquoi on l’aime autant 😀

Jean-François Ruel (le pimp dans Fugueuse) qui présente les nommées pour personnalité féminine de l’année en disant: les Queens nommés sont… je l’ai bien ri et le public aussi! Bien placé et bien livré! Belle façon de dédramatiser et de se distancier de son personnage, soit en le jouant.

En terminant, j’aurais pu dire que je suis content pour Magalie Lépine-Blondeau, mais même si c’est vrai, je vais plutôt dire qu’il était temps que ce ne soit pas Guylaine Tremblay! Sans rien lui enlever, voilà une façon ultime de clore une soirée qui s’inscrit dans le renouveau. De toute façon, si vous lui demandez, je suis pas mal certain qu’elle vous dirait qu’elle commençait à être gênée de se lever à chaque année 😉

Et vous, qu’avez-vous pensé de cette soirée? Laissez-nous savoir dans les commentaires! 😁👇

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